Texte libre

Tant qu'un seul mystère dans la nature reste inexpliqué,  "impossible" est un mot qu'il est dangereux de prononcer. (d'après H.P. Blavatsky)

Dimanche 29 octobre 2006
Un monde sans argent est-il possible ?
Il est certain que la question mérite d'être posée.

Le fonctionnement actuel peut être décrit comme "complètement débile".

Tout se paye, y compris faire ses besoins quand on est en ville, dans ces grosses boites de conserve, où l'on doit faire un don pour entrer, avant de faire un don à l'intérieur (encore bien que la sortie est gratuite). Mais ne dit on pas que l'argent n'a pas d'odeur ?
Si t'as pas la tune, et que tu dépose derrière la tirelire, ça risque encore dêtre plus cher "dégradation de la voie publique" et "exhibitionisme" en prime.
Plaisanterie à part :

On a besoin d'argent pour vivre, sinon ont meurt. On doit acheter sa vie journellement.
Pour le peuple, le travail rémunéré est la seule façon considérée comme normale pour obtenir de l'argent.
Hors le travail rémunéré l'est de moins en moins et manque de plus en plus,
C'est compensé en partie par des gens bénévoles faisant un travail "gratuit" (restos du coeur, etc.)
Ces bénévoles n'ayant pas forcément non plus beaucoup d'argent.
Le travail "gratuit" appelé bénévolat, augmente de plus en plus.

A l'autre bout, on a des gens dont les revenus qui ne cessent d'augmenter, permettraient de nourrir des populations entières.

La situation, de plus, ne fait que s'aggraver.

Le monde des multinationales et des fonds de pension et devenu comme fou.
Les multinationales se rachètent l'une l'autre, non pas pour les unités de production qu'elles démentellent généreusement,
mais pour les parts de marché supplémentaires qui font grimper leurs actions en bourses.
Si elles stagnent, elles crèvent : se font racheter et démenteler.
Les fonds de pensions achètent des unités de production rentables, les pressurent financièrement jusqu'au trognon vendant tout ce qui peut l'être, pour payer les pensions de retraités US, puis liquident la boite aux frais des salariés et contribuables, pour recommencer ailleurs.

Les états ne maîtrisent plus rien, et doivent vendre leurs bijoux de famille pour tenir.
Le sécuritarisme devient leur seul moyen de maintenir la population au calme.

Tout cela à cause de l'argent !

Et pourtant, je dirais qu'un monde sans argent n'est pas envisageable avant une éternité, quand tous les hommes seront devenus des sages et que tout se fera par don a celui qui en a besoin..

Faire du troc, de l'échange directe, est la solution généralement proposée.
Mais le paysan amenant le blé au meunier, contre quoi l'échangera-t-il ?
Le meunier apportant la farine au boulanger, contre quoi l'échangera-t-il ?
Et le boulanger, quand il sera meublé complètement, voudra-t-il encore échanger son pain avec le menuisier ?

Il faut bien au minimum une comptabilité pour faire des échanges multiples !
Qui dit comptabilité dit valeur d'échange, car on n'additione pas les carottes et les navets.
Qui dit valeur d'échange dit monaie, quelque soit la forme qu'elle prend.

Des anciens utilisaient bien le sel comme monaie d'échange,
Et ce n'est pas sans rapport que les "systèmes d'échanges locaux" s'appellent des SEL.

La monnaie d'échange et une nécessitée absolue dans une civilisation pour simplifier le fonctionnement.
Seule une communauté réduite et homogène peut gérer des répartitions gratuites de certains services et de certaines productions.
Mais pour une région autonome, celà n'est plus envisageable.

La seule chose à faire, c'est de maîtriser totalement le circuit de la monaie,
et de modifier le rapport des gens à l'argent et à la valeur des choses (c'est pas une mince affaire !)
Supprimer la notion de "propriété privée" et d'héritage pour le foncier, l'immobilier et l'outil de travail, ce qui est source de capitalisation, donc d'accaparement de valeurs et donc d'argent au dépend des autres.
Ces biens seraient propriété incessible de la collectivité (et pas de l'état pour le vendre)
Cette notion serait remplacée par un "droit d'usage privé" sans succession.
(j'en parle dans un autre sujet sur ce forum)
Attribution d'un viatique à chacun, de la vie à la mort.

De plus le rôle fondamental de l'argent est de circuler pour faciliter les échanges.
Donc il n'y plus de rémunération d'épargne.
Au contraire, la monaie serait "datée" et se déprécierait régulièrement au bout d'un temps assez court.

L'épargne pourait conserver la valeur d'origine si elle est débloquée pour certains achats conséquants.
Les prêt serait consentis sans taux d'intérét, mais avec un système forfaitaire de rémunération.

Le droit de "battre monaie" est attribué aux régions, sur autorisation de l'état, dans certaines limites, afin de conserver un équilibre entre les régions et maîtriser les risques d'inflation.

Par contre, dans ce cadre défini, des sociétés privées peuvent gérer les comptes et mouvement.
L'état n'a pas à avoir un rôle autre que règlementation, coordination et contrôle.


Certains proposent la suppression de l'Argent et pronnent une reconnaissance de statut social,
la société leur attribuant la possibilité d'accéder à des biens collectifs suppérieurs.

Dans une société "harmonieuse",
Le respect de l'écologie conduirait à une autharcie minimum à différerentes echelles d'organisation : quartiers ou village, regions, pays.
Au niveau local pouraient être assurés ainsi la plus grande partie des besoins individuels de base.
La collectivité pourrait gérer et distribuer à chacun selon ses besoins et sans l'intermédiaire de l'argent,
chaque citoyen, étant devenu consommateur raisonné, et conscient de ses obligations envers la collectivité.

Cependant, la répartitions des activités nécessaires à la société se fera selon les compétences et le choix de chacun.
Certains travaillant beaucoup dans une activité parceque cela leur plait,
D'autres laissant couler la vie poètiquement avec un minimum d'activité.
Il sera également nécessaire à certain moment pour la société de "faire valoir" une activité si le besoin peine à être satisfait.

Comment valoriser cela sous forme de position sociale ?
Comment le gérer ?
Comment le réactualiser à la hausse ou à la baisse, selon le changement d'activité de chaque citoyen.
Cela devient du jugement au cas par cas, avec risque d'injustice.
Avec la possibilité pour certains de profiter du système, et la course à la reconnaissance.
Ou alors un nivellement type communisme, ou seuls quelque-uns sortiront du lot uniforme de la masse.

A mon avis, seul l'argent, débarassé de tous ses miasmes accrochés par le capitalisme, revenu à l'état de pureté originel
permet de valoriser le niveau d'activité de chacun.
Nul n'intervient pour valoriser l'individu si ce n'est lui-même.
Il a de plus l'entière liberté de ce qu'il souhaite faire avec cette valorisation.

Ainsi, le travailleur acharné n'achètera pas forcément une voiture luxueuse, mais deviendra peut-être le mescène du poète
Par Amédée - Publié dans : Changer de Civilisation
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